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Mijo D.


World Member, Saint Etienne L'Allier

Prends ton envol !...

Parmi les petits passereaux qui habitent dans notre jardin, j’ai une petite prédilection pour les mésanges bleues. Cette couleur bleue est tellement inattendue dans notre région où la plus grande majorité des oiseaux, à quelques exceptions près, est plutôt dans une uniformité de beiges et de marrons. Je n’oublie pas évidement les pinsons, les gros becs, les chardonnerets élégants, les bouvreuils (qui sont de vrais bijoux volants, mais des destructeurs de bourgeons fruitiers. En avoir dans son jardin quand on a des pruniers en particulier, c’est une vraie calamité)), et même les verdiers avec leur robe jaune très à la mode et en harmonie avec les gilets jaunes qui hantent nos villes et nos villages actuellement.
Mais ce bleu, quelle merveille ! Elle me fait penser à l’Oiseau Bleu, le conte de Marie-Catherine d’Aulnoy, de mon enfance.

Nous avons depuis plusieurs années, des mésanges bleues qui font leur nid dans le nichoir fabriqué par Philippe devant la fenêtre de la cuisine. Il est tout près et nous pouvons voir toutes leurs allées et venues à moins de deux mètres, sans qu’elles ne manifestent trop de crainte. Je ne dirais pas que l’on pourrait les caresser, mais elles nous font confiance et celà nous permet d’assister à des scènes touchantes ou drôles, dont je ne me lasse pas. Je passe des heures à photographier les petits quand ils commencent à bouger et à s’agiter dans le nid devenu tout-à-coup trop petit pour huit oisillons qui ne demandent qu’à s’envoler. J’entend le bruit et le frou frou de leurs ailes qu’ils exercent avant de prendre leur envol, et je vois ces petites têtes qui émergent du trou qui leur servira à quitter le nid.

Cette année nous n’aurons pas de couvée. Un couple de mésanges avait commencé à garnir le nid, mais au bout de quelques jours j’ai constaté qu’on ne les voyaient plus. J'ai attendu plusieurs jours puis j’ai voulu en avoir le coeur net et j’ai regardé dans le nid.
Ce que j’y ai vu m’a procuré, en même temps qu’une grande surprise, une tristesse aussi grande, mêlée d’une incompréhension encore plus grande.
La mésange était bien dans le nid, mais morte. Il ne restait d’elle que les plumes. Même la tête avait été mangée ! Je ne sais pas quel animal a pu entrer dans le nid (l’entrée est de la taille d’une mésange bleue, même la charbonnière ne pourrait y entrer), tuer et dévorer sur place cette pauvre petite mésange, prise ainsi au piège dans son propre nid. Pour une mésange morte ce n’est pas qu’une mésange qui disparaît mais toute une génération future, et quand on sait à quelle vitesse la population d’oiseaux disparait depuis des années, c’est encore plus désolant.

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